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Les premiers textes publiés sur ce blog questionnent la pratique du qi gong, la relation à notre propre corps, à l’écoute, à l’enseignement… Ces questions, bien que souvent ignorées, me semblent essentielles sur un chemin de connaissance de soi et de transformation. Mais elles ne naissent pas d’une investigation théorique : elles émanent d’une demande intérieure qui se révèle et est confrontée au fur et à mesure de la pratique. Si elles sont susceptibles de tous nous concerner, elles se manifestent et se vivent pour chacun de façon différente, unique.
Nous avons toutefois besoin de mieux expliciter les différentes étapes sur le chemin de la pratique afin de percevoir ce qui se joue pour soi à chaque étape. C’est l’objet des articles à venir, à commencer par celui-ci.
La première chose que nous partageons est… la pratique ! Un ami participait à un stage d’aïkido avec un maître japonais. Ce dernier, venu avec une boîte fermée, a dit aux élèves que le secret de l’aïkido se trouvait dans cette boîte. A la fin du stage, les élèves ouvrent la boîte, impatients de découvrir le secret. A l’intérieur se trouvait un papier sur lequel était écrit : « Pratiquez ! »
Voilà : le secret de la pratique est d’abord… pratiquer. Pratiquer avec son corps pour expérimenter concrètement. Pratiquer encore et encore pour ressentir, vivre des expériences nouvelles qui ouvrent à des points de vue nouveaux, des possibilités autres. Rencontrer des limites, des empêchements, des découragements, des 

questionnements, des incompréhensions, laissant parfois émerger de nouveaux chemins. Déconstruire pour pouvoir reconstruire,… D’abord pratiquer, acquérir de l’expérience, de la matière, une expérience concrète vécue dans le corps. Et en chemin, reconsidérer notre pratique, l’intention (les intentions) que nous y mettons, la qualité d’attention que cela appelle.
Tout ce dont je parle dans ce blog ne prend sens que si l’on pratique. Mais qu’y a-t-il derrière ce terme de pratique ? Qu’y met-on soi-même, quel imaginaire, quelles représentations, quelles attentes et exigences ? Mon point de vue, basé sur mon expérience de pratiquant, d’élève et d’enseignant, est qu’il n’y a pas la pratique mais notre pratique. Et qu’il est intéressant et même vital pour notre cheminement, d’aller visiter et revisiter les représentations (la plupart du temps inconscientes) qui sont associées à notre pratique. En effet, il n’y a pas de pratique sans quelqu’un qui pratique, et ce quelqu’un est à la fois l’acteur et le témoin de cette pratique, celui qui va faire, ressentir, et faire encore sur la base de ses ressentis. Tout un chemin subjectif qui mène à intégrer et à vivre les principes universels transmis par le qi gong.
Cette rencontre de l’universel dans  l’individuel est dans notre nature essentielle. Pourtant le dialogue entre les deux ne va pas de soi. Il demande à être regardé, il demande qu’on en prenne soin, pour soi et pour la vie qui nous habite. C’est la substance même du chemin intérieur.
A suivre…